Avoir raison ou tort. Celle du Cœur qui ne ment, ne nous trompe jamais. Pourvu que nous sachions l’écouter. Et nos raisons le taillent. Elles sont un intrus, sans conscience, violant sa raison d’être, déniant sa voix, le déviant dans sa voie. Lui et elles ne sont pas dirigés par les mêmes lois. Il est le Verbe. Elle a ses arguments de pesanteur. L’un appartient au Ciel, s’élève comme un chant, aspire à l’Essentiel, au divin, tend vers l’Infini. L’autre appartient à la matière, aux cellules grises, au très-bas, à celui qui n’a de substance que dans la justification de ses affects.
La raison, les arguments, ne sont pas parents de la réflexion. Ils sont détachés de l’Essence, qu’ils entachent. Cette essence de Vie. D’Amour dans la Vie. Au-dehors de nos cœurs. La raison du cœur n’a d’autres justifications, que celle d’aimer. Or, aimer n’est pas une raison, valable. Ceux-là ne servent aux Hommes que pour justifier, combler, rassurer, excuser leurs manquements, leurs lâchetés parfois, leur peur. Peur de cet Inconnu. Car la Vie est un mystère, en soi. Et que ces Hommes de "raison" ne peuvent la posséder. Elle nous échappe toujours. La raison est l’anesthésiant de l’Âme, qui excuse nos fautes, ce que nous lui infligeons. Comme pour lui demander "Pardon". Mais, au fond, nous le savons. Une fois encore, nous ne faisons que nous excuser, s’illusionner pour mieux s’accrocher à la pensée que nous ayons une conscience. Car ce que nous lui implorons, est l’antithèse du "par Don". Dès lors, nous l’aliénons, par cette peur du Don, qui relève de l’abandon de ces considérations terrestres, de notre Ego. Ainsi, nous errons à donner du sens à ce qui n’en a pas. Et qui ne peut en avoir. Mais, cela nous apaise. On a évité le pire ! Pour un temps... Celui de vivre. Celui d’aimer. C’est risquer, celui de ne plus tout contrôler, maîtriser, asservir. Si on enlevait ces raisons, que resterait-il ?! Sinon, le vide. Le néant de ce qui manque. L’absence d’Essence. Enfin, un Etat demeure : le regret.
Cet Amour qui se suffit à lui-même, qui emplit le mot qui le contient pleinement. Nul besoin de le développer. D’en faire l’analyse. Quand nous aimons, nous pourrions nous suffire à n’exprimer que cela : Je t’aime. Le reste n’est que superflu, superficiel, sans fondement, des justifications. Il enveloppe à lui seul, l’univers, l’Être aimé, la Vie, et tous ses mots/maux. Le justifier serait le ternir. Il n’aurait nul besoin d’être nommé, si la raison ne voulait tout posséder, ramener à Soi, enfermer dans une case, mettre en cage.
Avoir un chemin déterminé est la plus triste des raisons.
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